Ce que j'ai fait, c'est transcrire cet œil en méthode. C'est le vrai travail, et il a pris des mois: traduire un savoir de main, tacite, fait de réflexes et de seuils, en règles écrites qu'un outil peut suivre. Le métier d'abord, l'outil ensuite, jamais l'inverse.
Ce que j'ai bâti n'est donc pas une question posée à une IA. C'est un système, et il repose sur un socle écrit, un corps de règles que j'appelle le canon: les huit dimensions par lesquelles on lit une maison (le marché, le perçu, la carte, le lieu, les hommes, le modèle, la visibilité, la promesse), et un régime de preuve où chaque affirmation porte son statut, du fait vérifié à l'hypothèse assumée, jusqu'à l'angle mort déclaré. En langage d'ingénieur, une base de connaissances structurée qui ancre les modèles : des règles tenues à la main, qui gouvernent l'IA au lieu de la laisser deviner.
Sur ce socle, j'orchestre une brigade d'agents spécialisés, chacun à son poste comme en cuisine, ce que la tech nomme une architecture multi-agents. Un pour le marché, un pour ce que disent les clients, un pour la carte, un pour la visibilité, d'autres selon ce que la maison réclame. Ils travaillent en parallèle, isolés les uns des autres pour ne pas se contaminer. Ils cherchent, dans tout ce qui est public, ce que la maison montre déjà au monde. Ils rapportent. Ils ne concluent jamais.
Puis un agent dont le seul rôle est de me chercher des poux. Un contrôle indépendant, adverse, qui relit mon travail à chaque étape, traque mes angles morts, refuse une conclusion posée sur une preuve maquillée. C'est de la vérification adverse, du red teaming interne. Un système ne se valide pas lui-même, il faut un regard du dehors. Et le dehors dernier, c'est moi.