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Le conseil face à l’intelligence artificielle : l’audit des chiffres

Comptes des cabinets, statistiques publiques et études, arrêtés au 3 octobre 2026
Un disque d’anneaux de métal brossé, ambre, miel et argent, creusé en tunnel, où s’inscrit le nom GENIXCONSEIL
Bonjour à tous,

GENIXCONSEIL est une petite structure qui audite des restaurants : des systèmes fermés, avec leur carte, leur équipe, leurs chiffres. Elle le fait avec des agents d’intelligence artificielle, que j’audite à leur tour : une routine interne évalue le système, relève ses erreurs et le corrige. Bref, je passe ma vie à auditer. Il fallait bien qu’un jour j’audite ceux qui auditent.

L’occasion est venue de deux échos qui reviennent partout, avec le même aplomb : l’intelligence artificielle va balayer les grands cabinets de conseil ; elle ne fera que redéfinir leur valeur. J’ai donc audité les échos, avec la même méthode, autant que faire se peut : chaque chiffre remonté à sa source, daté, montré, relié aux autres, expliqué. Les agents ont cherché vite et beaucoup ; ils ont aussi affirmé plus que leurs sources, et chaque chiffre a été revérifié. Ironie du sujet : l’audit montre que, hors de son champ, l’outil dégrade le travail de ceux qui s’y fient.

Le dossier est copieux, je le sais. Les constats se lisent en deux minutes ; le reste se déguste, pour ceux que le sujet met en appétit.

Tout cela reste relatif. Un audit est une loupe posée à un moment donné sur des chiffres donnés, et ces chiffres bougent. Ici, les paramètres sont si nombreux que l’avenir reste ouvert : l’audit éclaire le présent, il laisse la suite aux questions.

Par extension de l’exercice, voici celles qui me sont apparues. Chacun les lira à sa façon, et chacun peut recouper les chiffres.

1. La signature. Quand l’outil produit l’analyse, qui signe, et qui répond quand elle se trompe ?
2. Le jugement. Si l’outil fait le travail des débutants, où se formera le jugement que tous les employeurs réclament ?
3. La confiance. Comment se garder d’un outil qui, hors de son champ, dégrade le travail de ceux qui s’y fient, quand ils se croient plus efficaces ?
4. Le prix. Quand produire une analyse ne coûte presque plus rien, que paie-t-on dans une mission de conseil : le temps, le résultat ou la signature ?
5. L’accès. Le conseil atteindra-t-il enfin les petites entreprises, celles qui en tirent le plus quand on le mesure, et que les statistiques oublient ?
6. La niche. Est-ce le métier qui choisit l’outil, ou l’outil qui dessine la niche ? Quand ses capacités doublent tous les quatre mois, la question se pose à chacun.

Bien à vous,

Jérôme Coustillas
GENIXCONSEIL
Un tunnel de cadres translucides aux couleurs diluées, qui s’enfonce vers un point de fuite
Cet audit rassemble les chiffres publiés au 3 octobre 2026 sur le marché du conseil et l’intelligence artificielle : les comptes des grands cabinets, les statistiques publiques, les études de recherche. Il les regarde, les relie et explique ce qu’ils mesurent. Chaque chiffre est daté et renvoyé à sa source.

Les constats.

• Le conseil vend de l’analyse, un regard extérieur et de la légitimité, produits par une pyramide : chez Deloitte, 19,5 professionnels pour un associé ou un directeur.
• Les grands cabinets croissent de 2,7 % à 5,1 % en monnaie locale sur leurs derniers exercices ; le marché français du conseil recule de 2 % en 2025 ; l’emploi américain du conseil en management plafonne depuis 2023.
• La croissance passe par l’exploitation de systèmes pour le compte des clients et par les services d’intelligence artificielle ; le conseil en stratégie stagne.
• La journée de conseil bouge peu (926 € chez Wavestone, -1,3 %), quand le prix d’une réponse d’IA à niveau constant a été divisé par plus de 280 en deux ans.
• La durée des tâches que les agents d’IA réussissent une fois sur deux double environ tous les quatre mois depuis 2023 ; pour huit réussites sur dix, elle est quatre à dix fois plus courte ; le code produit progresse bien plus vite que les logiciels livrés.
• 20 % des entreprises européennes de dix salariés et plus utilisent l’IA, 18 % en France ; au Danemark, son effet sur les salaires et les heures de travail reste nul à 2 % près.
• Les effectifs des grands cabinets montent pendant que les jeunes diplômés entrent plus difficilement : en France, les recrutements de jeunes cadres ont baissé de 13 % depuis 2023.
• L’audit croît plus vite que le conseil chez Deloitte et KPMG, moins vite chez PwC et EY ; l’État français a réduit de 65 % ses engagements de conseil depuis 2021 et créé une agence de conseil interne.
• Mesuré par des essais contrôlés, le conseil fait progresser les petites entreprises ; leur recours au conseil reste hors du champ des statistiques publiques.

A. Objet et méthode

Objet. Le marché du conseil : le conseil en stratégie et en management, le conseil des quatre grands réseaux d’audit (Deloitte, PwC, EY, KPMG), le conseil en technologie (Accenture). La question posée : que disent les chiffres disponibles de l’effet de l’intelligence artificielle sur ce marché ?

Sources. Les publications des cabinets (communiqués de résultats, rapports annuels, documents déposés auprès de la SEC, le gendarme boursier américain) ; les statistiques publiques (Eurostat, Insee, Bureau of Labor Statistics, Réserve fédérale de New York, Apec, annexes budgétaires françaises) ; les études de recherche (Stanford, Harvard, Yale, NBER, METR) ; les enquêtes professionnelles (Syntec Conseil, Institute of Student Employers, Conférence des grandes écoles). La presse sert quand aucune source primaire n’est publique ; elle est alors nommée dans la phrase.

Conventions. Les croissances sont données en monnaie locale quand l’entreprise la publie ; chaque exercice est daté à sa clôture ; aucune devise n’est convertie. Une cause n’est écrite que lorsque la source la donne, et elle lui est attribuée. L’audit s’en tient à ce que les séries mesurent.

B. Que vend le conseil, et comment s’organise-t-il ?

Constat. Le conseil vend de l’analyse, un regard extérieur et, souvent, une légitimité. Il les produit avec une pyramide : beaucoup de professionnels sous peu d’associés, et un prix de journée qui monte avec l’expérience.

• Ce que l’État achète. La commission d’enquête du Sénat a recensé, parmi les usages des cabinets par l’administration, l’appel à leurs services « pour légitimer les décisions de l’État, voire pour arbitrer entre ses différentes administrations » [1].
• La pyramide. Chez Deloitte, tous métiers confondus, on compte 19,5 professionnels pour un associé ou un directeur sur l’exercice 2025, contre 19,0 en 2023 et 18,4 en 2024 [2].
• Le prix selon le niveau. La Cour des comptes relève, sur les marchés de l’État, environ 850 € hors taxes la journée pour un consultant junior (moins de trois ans d’expérience), 1 150 € pour un senior, 1 600 € pour un expert, et près de 2 800 € par intervenant et par jour pour la mission de McKinsey auprès de la cellule de la campagne de vaccination [3].
• La taille du champ. En France, la filière compte 15 000 entreprises, 120 000 salariés et 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon Syntec Conseil [4]. Aux États-Unis, 1,57 million de salariés travaillent dans le conseil en management en août 2026 [5].

Lecture. Du junior à l’expert, le prix de la journée double presque. La pyramide met près de vingt professionnels au travail sous chaque associé ou directeur.

Portée. Le ratio de Deloitte agrège l’audit, le fiscal et le conseil. Les prix de la Cour des comptes portent sur les commandes de l’État français. Le chiffre de Syntec Conseil couvre ses quatre métiers : stratégie et management, recrutement, études, évolution professionnelle. La série américaine couvre le conseil en management au sens large, ressources humaines, marketing et logistique compris.

C. Le conseil croît-il encore ?

Constat. Les grands cabinets croissent encore, de 2,7 % à 5,1 % en monnaie locale sur leurs derniers exercices publiés. Le marché français du conseil a reculé en 2025. L’emploi américain du conseil en management a cessé de progresser en 2023.

• Deloitte : exercice clos le 31 mai 2026, revenus 74,5 Md$, croissance +3,8 %, effectifs près de 500 000.
• Accenture : exercice clos le 31 août 2026, revenus 74,2 Md$, croissance +5 %, effectifs environ 814 000.
• PwC : exercice clos le 30 juin 2025, revenus 56,9 Md$, croissance +2,7 %, effectifs 364 000.
• EY : exercice clos le 30 juin 2025, revenus 53,2 Md$, croissance +4,0 %, effectifs 406 209.
• KPMG : exercice clos le 30 septembre 2025, revenus 39,8 Md$, croissance +5,1 %, effectifs 276 030.
• BCG : exercice clos le 31 décembre 2025, revenus 14,4 Md$, croissance +7 %, effectifs 33 500.

Croissances en monnaie locale, sauf pour le BCG, qui publie en dollars. Sources : [6] [7] [8] [9] [10] [11].

• Wavestone, cabinet coté à Paris : 227,0 millions d’euros de chiffre d’affaires d’avril à juin 2026, en recul de 2 % sur un an, à périmètre et change constants [12].
• La France, selon Syntec Conseil : activité en recul de 2 % hors inflation en 2025, effectifs en baisse de 2,6 % ; le conseil en stratégie et management recule de 1,5 %, le conseil en recrutement de 15 % ; en juin 2026, la profession attendait une hausse de 1 % pour l’année [4].
• Les États-Unis : 933 000 salariés en moyenne dans le conseil en management en 2013, 1 547 000 en 2023, 1 548 000 en 2025, 1 566 000 sur les huit premiers mois de 2026 [5].
Graphique : emploi salarié du conseil en management aux États-Unis, 2000 à 2026
Lecture. Les grands réseaux croissent tous, de 2,7 % chez PwC à 5,1 % chez KPMG. Le marché français suivi par Syntec Conseil, qui laisse de côté l’audit et le conseil en technologie, recule. Aux États-Unis, l’emploi du conseil en management a progressé de 66 % entre 2013 et 2023, puis de 0,1 % entre 2023 et 2025 ; sur les huit premiers mois de 2026, il dépasse de 1,1 % sa moyenne de 2025. Le plateau commence l’année où l’IA générative se diffuse dans les entreprises, et aussi celle où retombe la vague de demande d’après la pandémie, relevée dans les grands cabinets [13] : la série seule ne permet pas d’en isoler la cause.

Portée. Les exercices se terminent entre juin 2025 et août 2026 selon les cabinets : EY, PwC et KPMG publient leur exercice 2026 entre la mi-octobre et décembre 2026. McKinsey ne publie pas ses comptes. La série américaine est corrigée des variations saisonnières, et ses derniers mois sont provisoires.

D. Où se fait la croissance ?

Constat. La croissance se déplace à l’intérieur des cabinets : l’exploitation de systèmes pour le compte des clients et les services d’IA progressent plus vite que le conseil, et le conseil en stratégie stagne.
Graphique : croissance du chiffre d’affaires par métier chez Deloitte, KPMG, PwC, EY et Accenture
• Deloitte : audit et assurance +5 %, fiscal et juridique +5,8 %, stratégie, risques et transactions +4,4 %, technologie et transformation +2,5 % [6].
• KPMG : fiscal et juridique +7,5 %, audit +6,0 %, conseil +2,9 % ; le réseau attribue la croissance de son conseil à la demande pour ses services gérés et aux projets menés avec ses partenaires technologiques [10].
• PwC : conseil +4,5 %, assurance +1,7 %, fiscal et juridique +1,0 % ; la firme indique avoir doublé en trois ans son activité de services gérés [8].
• EY : fiscal +5,5 %, conseil +5,2 %, assurance +3,5 %, stratégie et transactions (EY-Parthenon) stable ; revenus liés à l’IA +30 % [9].
• Accenture : services gérés +6 %, conseil +3 %. Avec 37,3 milliards de dollars, les services gérés dépassent le conseil (36,9 milliards) pour la première fois de la période 2021-2026 [7].
• BCG : services d’IA +25 % ; l’IA et la technologie font plus de 40 % de ses revenus [11].
• Wavestone : les projets liés à l’IA font 22 % du chiffre d’affaires d’avril à juin 2026, contre 17 % sur l’exercice précédent. Le cabinet écrit que « la concentration des nouveaux investissements des clients vers les projets IA s’accélère, au détriment de la plupart des autres domaines », et que la croissance de ces projets « ne permet pas de compenser le recul des autres activités » [12]. Le lendemain de la publication, l’action perd près de 29 % en séance, selon BFM Bourse [14].

Lecture. Trois mouvements ressortent des comptes. L’exploitation, c’est-à-dire faire tourner des systèmes et des processus pour le client sur la durée, croît plus vite que le conseil chez Accenture et a doublé en trois ans chez PwC. Les services d’IA croissent de 25 % à 30 % là où les cabinets les isolent (BCG, EY). Le conseil en stratégie stagne chez EY et recule en France. Wavestone décrit le mécanisme vu de l’intérieur : les budgets des clients se reportent sur les projets d’IA, aux dépens du reste.

Portée. Chaque réseau découpe ses métiers à sa façon. PwC signale des transferts d’activité entre ses lignes de service : à structure comparable, son conseil progresse de 4,4 % et son assurance de 0,9 % [8]. Chaque cabinet définit lui-même ses « services d’IA ».

E. Les prix bougent-ils ?

Constat. Le prix de la journée de conseil bouge peu et la facturation au résultat progresse lentement, pendant que le coût de l’outil s’effondre. Dans la traduction, métier où l’IA est déjà entrée dans les tarifs, la correction d’une traduction automatique se paie la moitié d’une traduction.

• La journée. Chez Wavestone, 926 € en moyenne d’avril à juin 2026, contre 938 € en moyenne sur l’exercice précédent, soit -1,3 % ; ses consultants sont occupés à 71 % de leur temps, contre 72 % [12].
• La facturation. Un quart des honoraires de McKinsey dépend désormais des résultats obtenus, selon Business Insider [15]. En France, 14 % des sociétés de conseil et d’études proposent une rémunération liée à l’impact, et la part des formules qui mêlent forfait et prime de succès passe de 5 % à 9 % [4].
• Le coût de l’outil. Le prix d’une réponse de niveau GPT-3.5 a été divisé par plus de 280 entre novembre 2022 et octobre 2024 [16]. L’assistant Copilot de Microsoft se vend 21 dollars par utilisateur et par mois aux entreprises, avec un engagement d’un an [17].
• La traduction. Un traducteur indépendant facture en moyenne 0,14 € le mot une traduction vendue en direct, et 0,07 € la post-édition, c’est-à-dire la correction d’une traduction automatique ; 0,09 € contre 0,05 € quand il passe par une agence [18].

Lecture. En deux ans, le prix d’une réponse d’IA à niveau constant a été divisé par plus de 280 ; chez Wavestone, la journée de consultant est passée de 938 €, moyenne de l’exercice précédent, à 926 €. Les modes de facturation commencent à se déplacer vers le résultat. Dans la traduction, où la production automatique est déjà tarifée, la vérification se paie la moitié de la production. Pour le conseil, la seule série de prix publique trouvée est celle de Wavestone.

Portée. La division par 280 porte sur un niveau de performance fixe, mesuré par un test de connaissances générales. Le chiffre de McKinsey est rapporté par la presse. L’enquête de Syntec Conseil repose sur plus de 140 sociétés ; celle de la Société française des traducteurs, sur des traducteurs indépendants.
Un bandeau de métal brossé, ambre et argent, qui ondule et file vers le fond comme un chemin

F. Que sait faire l’outil, et avec quelle fiabilité ?

Constat. La durée des tâches que les agents d’IA mènent seuls jusqu’au bout augmente vite. À fiabilité élevée, elle reste bien plus courte, et le volume produit par les agents dépasse de loin ce qui est livré et utilisé.

La courbe de METR. Le laboratoire indépendant METR mesure, pour chaque modèle, la durée des tâches qu’un agent d’IA réussit avec une probabilité donnée, cette durée étant comptée en temps de travail d’un professionnel expérimenté [19].

• À 50 % de réussite : 4 minutes pour GPT-4 (mars 2023), 2 heures pour o3 (avril 2025), 3 h 23 pour GPT-5 (août 2025), 12 heures pour Claude Opus 4.6 (février 2026), 17 h 25 pour une version préliminaire de Claude Mythos (avril 2026), au-delà des 16 heures où METR juge ses mesures peu fiables.
• À 80 % de réussite, les mêmes modèles tiennent des tâches quatre à dix fois plus courtes : 30 minutes pour o3, 38 minutes pour GPT-5, 1 h 10 pour Claude Opus 4.6, 3 h 06 pour Claude Mythos.
• Le rythme : depuis 2023, la durée à 50 % double environ tous les 129 jours, soit à peu près tous les quatre mois ; sur 2019-2026, tous les 188 jours [19].
Graphique : durée des tâches réussies par les agents d’IA de pointe, à 50 % et 80 % de réussite
De la production à l’usage.

• Chez plus de 500 000 développeurs suivis par des économistes du NBER, les agents de programmation autonomes augmentent les validations de code de 240 %, les projets de 80 % et les versions publiées de 30 % ; sur quatre places de marché de logiciels, les applications nouvelles se multiplient sans que l’usage total progresse. Les auteurs y voient l’effet de goulots humains dans la chaîne de production [20].
• Chez 758 consultants du BCG, une étude menée avec Harvard mesure la frontière de l’outil. Sur une tâche de création dans son champ, la qualité du travail augmente de 40 %, et la diversité des idées baisse de 41 %. Sur un problème conçu hors de son champ, ceux qui utilisent l’outil font 23 % moins bien que ceux qui s’en passent [21].
Graphique : qualité du travail des consultants du BCG avec l’IA, dans et hors du champ de l’outil
• Chez des agents de service client, un assistant d’IA augmente la productivité de 14 % en moyenne, de 34 % pour les débutants, et presque pas pour les plus expérimentés [22].
• Chez des développeurs expérimentés, METR a mesuré en 2025 des tâches 19 % plus longues avec l’IA ; début 2026, il estime un gain de 4 % à 18 % selon les groupes, une estimation qu’il juge très fragile : une partie des développeurs refuse désormais de travailler sans IA, ce qui tire probablement le gain mesuré vers le bas [23].
• Huit moteurs de recherche fondés sur l’IA, testés par le Tow Center de l’université Columbia, se trompent dans plus de 60 % des cas quand on leur demande de retrouver la source d’un extrait d’article de presse [24].

Un cas documenté. En Australie, le ministère de l’Emploi a commandé à Deloitte, en décembre 2024, une revue du système informatique qui automatise les pénalités des demandeurs d’emploi, pour environ 440 000 dollars australiens. Un chercheur de l’université de Sydney y a relevé des références inexistantes et une citation inventée d’un jugement. La version corrigée déclare l’usage d’un modèle GPT-4o hébergé par le ministère. Deloitte a remboursé la dernière tranche du contrat, 97 587 dollars australiens ; le ministère a conservé les recommandations du rapport [25].

Lecture. La capacité des agents croît vite sur des tâches bien définies, et leur fiabilité suit plus lentement : à chaque date, la durée tenue huit fois sur dix est une fraction de celle tenue une fois sur deux. Dans le travail réel des développeurs, le surcroît de production fond à chaque étape, des validations aux versions publiées puis à l’usage. Hors de son champ, l’outil dégrade le travail de ceux qui s’y fient. Le cas australien situe le risque dans ce qui n’a pas été vérifié.

Portée. Les tâches de METR relèvent du logiciel, de l’apprentissage automatique et de la cybersécurité ; elles sont autonomes, bien spécifiées et notées automatiquement. METR les décrit comme « bien plus propres » que le travail réel, et observe que les agents réussissent moins bien les tâches désordonnées ou évaluées globalement [19]. D’autres choix de modélisation, raisonnables selon METR, réduiraient de 35 % au plus les durées récentes à 50 %, et augmenteraient de 100 % au plus celles à 80 % [26]. L’étude du BCG date de 2023.

G. Qui utilise l’IA, et jusqu’où ?

Constat. Une entreprise sur cinq utilise l’IA en Europe, une sur deux parmi les grandes. L’usage reste peu profond, et là où on les mesure, ses effets touchent l’organisation du travail, avec des salaires et des heures inchangés.

• La définition. Eurostat compte comme utilisatrice une entreprise qui emploie au moins une de huit familles de technologies : analyse de texte, reconnaissance vocale, génération de texte ou de code, génération d’images ou de sons, reconnaissance d’images, apprentissage automatique pour l’analyse de données, automatisation de processus ou aide à la décision, robots autonomes [27].
• L’Europe. En 2025, 19,95 % des entreprises de l’Union de dix salariés et plus sont dans ce cas, 6,5 points de plus qu’en 2024 : 17 % des petites, 30 % des moyennes, 55 % des grandes ; de 5 % à 42 % selon les pays, le Danemark en tête [27].
• La France. 18 % des entreprises de dix salariés ou plus en 2025, contre 10 % en 2024 et 6 % en 2023 ; 58 % des entreprises de 250 salariés ou plus ; 59 % dans l’information et la communication, 33 % dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, où se classe le conseil, 12 % dans l’hébergement et la restauration. Pondéré par les effectifs, le tableau change : les entreprises qui utilisent l’analyse de texte par IA emploient 48 % des salariés en 2025, contre 27 % en 2024. Parmi les entreprises qui ne l’utilisent pas, 71 % disent ne pas en voir l’utilité et 54 % invoquent un manque d’expertise [28].
• La profondeur. 37 % des entreprises de l’Union déploient l’IA générative, 36 % aux États-Unis ; mais 55 % des entreprises européennes qui utilisent l’IA le font dans plus de deux activités, contre 81 % des américaines [29].
• Les effets. Au Danemark, dans onze métiers très exposés (25 000 salariés, 7 000 lieux de travail), l’usage des assistants conversationnels laisse les salaires et les heures inchangés deux ans après le lancement de ChatGPT, à 2 % près. Les employeurs réorganisent les tâches, et 85 % des utilisateurs réaffectent le temps gagné à d’autres tâches [30].
• Les jeunes diplômés. Trois diplômés 2025 des grandes écoles sur quatre utilisent l’IA générative à leur poste, contre deux sur trois un an plus tôt, d’abord pour rédiger (59 %), chercher de l’information (57 %) et résumer des documents (44 %) [31].
• Les grands cabinets. Deloitte ouvre Claude à plus de 470 000 personnes [32]. McKinsey compte 25 000 agents d’IA pour 40 000 salariés, selon son directeur général, et dit avoir économisé 1,5 million d’heures de recherche et de synthèse [33]. Accenture forme environ 30 000 personnes à Claude [34]. EY dit disposer de 1 000 agents d’IA [9].
• Les tâches. Selon Syntec Conseil, « recherche documentaire, benchmark, synthèse, reporting ou préparation de livrables » sont « désormais automatisées ou fortement accélérées » [4].

Lecture. L’adoption progresse vite (elle a triplé en France en deux ans) et reste concentrée dans les grandes entreprises et le numérique ; la plupart des entreprises européennes qui l’utilisent l’emploient dans peu d’activités. Dans les grands cabinets, l’usage est massif et outillé. Les premiers effets mesurés touchent l’organisation du travail ; les salaires et les heures restent stables.

Portée. Les taux d’Eurostat et de l’Insee mesurent la diffusion : une seule technologie suffit à compter une entreprise, quelle que soit sa taille. Les chiffres des cabinets sont déclarés par eux.

H. Qui entre encore dans le métier ?

Constat. Les effectifs des grands cabinets montent, sauf chez PwC. Les jeunes diplômés entrent plus difficilement, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Dans les métiers exposés à l’IA, les études relient une partie de ce recul à l’IA, et le recul passe par l’embauche plutôt que par les départs.

Les effectifs. Ils montent chez Deloitte (près de 500 000 personnes, contre 473 050 un an plus tôt), Accenture (environ 814 000, contre 779 000), EY, KPMG et au BCG [6] [2] [7] [9] [10] [11]. PwC en compte 5 600 de moins en un an, selon le Financial Times [8] [35]. En France, les effectifs des sociétés de conseil et d’études baissent de 2,6 % en 2025 [4].

Les jeunes.

• France. Les recrutements de cadres de moins de six ans d’expérience passent de 157 100 en 2023 à 143 580 en 2024 et 136 500 en 2025, soit -13 % ; l’Apec en prévoit 137 610 en 2026 (+1 %), quand ceux des cadres de six à dix ans d’expérience augmenteraient de 16 % [36]. Six mois après le diplôme, le taux net d’emploi des diplômés 2025 des grandes écoles tombe à 76 %, le plus bas de la série (90,5 % en 2023) ; la Conférence des grandes écoles l’explique par la conjoncture, les entreprises privilégiant des cadres plus expérimentés. Les sociétés de conseil et d’ingénierie restent leur premier employeur : 24 % des jeunes ingénieurs, 18 % des jeunes managers [31].
Graphique : recrutements de cadres de moins de six ans d’expérience en France, 2023 à 2026
• Royaume-Uni. L’embauche de diplômés recule de 8 % en 2025, celle d’apprentis progresse de 8 % ; on compte 140 candidatures par poste de diplômé, un record depuis 1991 [37]. En 2026, 40 % des employeurs ne prévoient de remplacer aucun poste de débutant par l’IA d’ici trois ans, 42 % en remplaceraient de 1 % à 10 %, 18 % davantage ; ils s’attendent à voir reculer les tâches administratives, les données de base et la rédaction, et à voir monter l’esprit critique et le jugement [38].
• États-Unis. Au deuxième trimestre 2026, le chômage des jeunes diplômés de 22 à 27 ans est d’environ 5,6 %, et 42 % d’entre eux occupent un emploi qui ne demande pas leur diplôme [39].
• Les études. Chez les 22 à 25 ans des métiers les plus exposés à l’IA, l’emploi se situe 19 % sous le niveau qu’il aurait atteint au rythme de leurs pairs moins exposés, contre 13 % un an plus tôt ; les plus expérimentés ne montrent pas d’écart comparable ; le recul passe par moins d’embauches ; il se concentre là où l’IA remplace des tâches, et l’emploi est stable ou en hausse là où elle les complète [40]. Avec tous les contrôles, ce recul ne devient net qu’en 2024, et la hausse des taux d’intérêt ne l’explique pas [41]. Dans 285 000 entreprises américaines, l’emploi des juniors baisse de 7,7 % en six trimestres dans celles qui adoptent l’IA générative, par rapport aux autres, pendant que celui des seniors continue de monter [42]. À l’échelle de tout le marché du travail américain, le Budget Lab de l’université Yale ne trouve pas d’empreinte nette de l’IA en septembre 2026 [43].
• Les cabinets. Au Royaume-Uni, entre 2023 et 2025, les entrées de diplômés et de bacheliers ont baissé de 29 % chez KPMG, de 18 % chez Deloitte, de 11 % chez EY et de 6 % chez PwC, selon City AM [44] ; PwC y confirme à Business Insider 1 300 entrées en 2025, contre 1 500 ; son patron invoque le ralentissement de l’investissement et des embauches dans l’économie, et ajoute que l’IA transforme les postes [45]. Aux États-Unis, un document interne de PwC vu par Business Insider prévoit de ramener les recrutements de juniors de 3 242 sur l’exercice 2025 à 2 197 en 2028 ; la firme confirme une baisse, qu’elle attribue au « changement technologique » et à des départs plus rares [46]. À l’inverse, McKinsey annonce 12 % d’embauches de plus en 2026 qu’en 2025 en Amérique du Nord, selon Business Insider [47], et Deloitte au Royaume-Uni recrute 3 500 personnes sur son exercice 2026, contre 3 160 l’année précédente [13].
• L’apprentissage du métier. La responsable de l’assurance de l’IA chez PwC décrit des recrues qui deviendront « presque instantanément des relecteurs et des superviseurs » [46]. Un modèle de l’économiste Enrique Ide décrit l’enjeu : les débutants acquièrent le savoir tacite, celui qui ne s’écrit pas, en travaillant aux côtés des meilleurs ; automatiser les tâches d’entrée augmente la production tout de suite, mais peut ralentir la diffusion des meilleures pratiques, même sans réduire l’emploi des débutants [48].

Lecture. Le recul des jeunes diplômés est général, et ses sources l’attribuent d’abord à la conjoncture. L’effet propre de l’IA apparaît dans les métiers et les entreprises les plus exposés. Dans les cabinets, les plans divergent : moins de juniors chez KPMG et PwC, davantage chez McKinsey. Chez Deloitte, le nombre de professionnels par associé reste proche de 19.

Portée. Les chiffres de recrutement des cabinets viennent de la presse, sauf ceux de Deloitte au Royaume-Uni. L’étude de Stanford décrit sans établir de cause, et son écart s’atténue quand on tient compte du diplôme. Celle de Harvard compare des entreprises qui ont choisi d’adopter l’IA. Le modèle d’Ide est théorique.

I. Qui répond quand l’outil se trompe ?

Constat. Les activités qui engagent une signature, l’audit et l’assurance, croissent dans les quatre grands réseaux ; un marché de la vérification des systèmes d’IA se forme. Les règles européennes laissent pour l’instant l’essentiel du contrôle des systèmes d’IA à risque aux entreprises elles-mêmes. L’État français achète moins de conseil et en produit une part lui-même.

• L’audit face au conseil. Sur les derniers exercices, l’audit croît plus vite que le conseil chez Deloitte (5 %, contre 4,4 % et 2,5 % pour ses deux branches de conseil) et chez KPMG (6,0 % contre 2,9 %), moins vite chez PwC (1,7 % contre 4,5 %) et chez EY (3,5 % contre 5,2 %) [6] [10] [8] [9].
• La vérification de l’IA. Au Royaume-Uni, 524 entreprises vendent des services d’assurance de l’IA, pour 1,01 milliard de livres de valeur ajoutée, selon le gouvernement britannique [49]. PwC a lancé une offre d’assurance des systèmes d’IA [8].
• Les règles. Le règlement européen sur l’IA est en vigueur depuis le 1er août 2024. Les obligations des systèmes à haut risque, dont ceux qui attribuent, réduisent ou récupèrent des prestations publiques, sont reportées au 2 décembre 2027 [50]. Pour la plupart de ces systèmes, la conformité s’évalue par un contrôle interne, sans organisme extérieur [51].
• L’État français. Ses engagements de conseil passent de 271,5 millions d’euros en 2021 à 137,3 millions en 2022, 73,4 millions en 2023 et 96,1 millions en 2024 : +31 % en un an, et encore 65 % sous le niveau de 2021 [52]. Son agence de conseil interne, inaugurée le 26 mars 2024, compte 60 équivalents temps plein fin 2025 ; selon le ministère, chaque consultant interne recruté économise 100 000 € par an par rapport à un consultant externe [53].
• Le jugement des acheteurs publics. Au Royaume-Uni, 86 % des agents publics interrogés par le National Audit Office, l’équivalent britannique de la Cour des comptes, jugent l’apport des consultants précieux [54].
• Le cas australien. Deloitte a remboursé environ 22 % du contrat ; le ministère a gardé les recommandations du rapport [25].

Lecture. L’audit, obligatoire pour les sociétés, croît dans les quatre réseaux, et plus vite que le conseil dans deux d’entre eux. La vérification des systèmes d’IA devient une offre, sur un marché encore petit. Les règles européennes, repoussées, confient pour l’instant l’essentiel du contrôle aux entreprises elles-mêmes. L’État français a divisé par plus de trois ses engagements de conseil en deux ans, les a relevés en 2024, et produit désormais une partie de ce conseil en interne.

Portée. L’annexe budgétaire couvre les prestations de conseil engagées sur le budget de l’État, hors informatique. Le marché britannique de l’assurance de l’IA est une estimation du gouvernement britannique publiée en novembre 2024.
Une enfilade d’arches translucides qui s’ouvre au fond sur la page

J. Que sait-on des petites entreprises ?

Constat. Les essais contrôlés montrent que le conseil fait progresser les petites entreprises. Les prix leur restent opaques, et leur recours au conseil reste hors du champ des statistiques publiques consultées.

• Au Mexique, 432 petites et moyennes entreprises de Puebla ont reçu un an de conseil largement subventionné, les entreprises payant de 10 % à 25 % du coût ; cinq ans plus tard, elles comptaient environ 50 % de salariés de plus que les autres [55].
• En Inde, des usines textiles ayant reçu gratuitement du conseil en gestion ont accru leur productivité de 17 % dès la première année [56].
• En France, 19 % des petites et moyennes entreprises ont une idée précise des prix des cabinets de recrutement, contre 53 % des grandes ; la moitié d’entre elles y ont recouru au moins une fois en 2023 pour recruter un cadre, et 47 % jugent que c’est un bon investissement [57].
• L’IA dans les petites entreprises : 17 % des petites entreprises européennes l’utilisent [27].

Lecture. Là où on l’a mesuré, l’effet du conseil sur les petites entreprises est fort, dans des contextes où il était subventionné. Leur accès au conseil bute sur le prix et la lisibilité de l’offre. Les séries publiques suivent le chiffre d’affaires des cabinets ; la part qui vient des petites entreprises reste à mesurer.

Portée. Les essais du Mexique et de l’Inde datent d’avant l’IA générative. L’étude de l’Apec porte sur le recrutement, une des branches du conseil.

K. Ce que les séries montrent ensemble

La production et la validation. La capacité des agents, mesurée par METR sur des tâches propres et notées automatiquement, double environ tous les quatre mois [19]. Dans le travail réel des développeurs, la production de code progresse de 240 %, les versions publiées de 30 %, l’usage pas du tout [20] ; hors de son champ, l’outil fait baisser de 23 % la justesse du travail [21]. Mises côte à côte, ces séries situent le goulot là où les auteurs du NBER le placent : dans les étapes humaines qui vérifient, livrent et font utiliser ce qui est produit.

Les effectifs et la porte d’entrée. Les effectifs des grands cabinets montent chez Deloitte, Accenture, EY, KPMG et au BCG. Dans le même temps, les recrutements de débutants baissent dans plusieurs cabinets et pour l’ensemble des jeunes diplômés. Les études de Stanford et de Harvard donnent le mécanisme : l’ajustement passe par l’embauche, pas par les départs [40] [42], et PwC invoque des départs plus rares [46]. Quand peu de gens partent, un cabinet peut grossir en recrutant moins de jeunes.

Le coût de l’outil et le prix de la journée. Le prix d’une réponse d’IA à niveau constant a été divisé par plus de 280 en deux ans [16] ; la journée de consultant chez Wavestone a baissé de 1,3 % par rapport à la moyenne de l’exercice précédent [12] ; les formules liées au résultat progressent [4] [15]. Les deux courbes évoluent à des vitesses sans commune mesure. La traduction montre la forme qu’a prise l’ajustement dans un métier voisin : la vérification d’une production automatique y vaut la moitié d’une production humaine [18].

La croissance et sa composition. Le chiffre d’affaires des grands cabinets croît ; à l’intérieur, l’exploitation et les services d’IA prennent la tête [7] [11] [9], l’audit croît dans les quatre réseaux, le conseil en stratégie stagne [9] [4]. Wavestone donne le mécanisme vu de l’intérieur : les budgets des clients se reportent sur les projets d’IA [12].

La diffusion et ses effets. L’IA se diffuse vite dans les entreprises (multipliée par trois en France en deux ans) et massivement dans les cabinets [28] [33]. Ses effets mesurés touchent l’organisation du travail et l’entrée des jeunes dans les métiers exposés [30] [40] ; à l’échelle de tout le marché du travail, ils restent invisibles dans les séries [43].

L. Synthèse

Le conseil vend analyse, regard extérieur et légitimité, produits par une pyramide
Chiffres clés : 19,5 professionnels par associé chez Deloitte ; 850 € à 1 600 € la journée selon le niveau
Nature des sources : Rapport d’entreprise ; Cour des comptes ; Sénat

Les grands cabinets croissent, le marché français recule, l’emploi américain plafonne
Chiffres clés : +2,7 % à +5,1 % ; -2 % en France en 2025 ; +0,1 % de 2023 à 2025 aux États-Unis
Nature des sources : Comptes des cabinets ; Syntec Conseil ; statistique publique américaine

La croissance passe par l’exploitation et l’IA
Chiffres clés : services gérés +6 % contre conseil +3 % chez Accenture ; services d’IA +25 % à +30 % ; stratégie stable chez EY
Nature des sources : Comptes des cabinets

La journée bouge peu, le coût de l’outil s’effondre
Chiffres clés : -1,3 % chez Wavestone ; prix divisé par plus de 280 ; post-édition à moitié prix
Nature des sources : Comptes ; Stanford ; Société française des traducteurs

La capacité des agents croît vite, leur fiabilité moins vite
Chiffres clés : doublement en quatre mois ; à 80 %, des tâches quatre à dix fois plus courtes ; code +240 %, versions publiées +30 %
Nature des sources : METR ; NBER ; BCG et Harvard

L’IA se diffuse, ses effets touchent d’abord l’organisation du travail
Chiffres clés : 20 % des entreprises de l’Union, 18 % en France ; salaires et heures inchangés à 2 % près au Danemark
Nature des sources : Eurostat ; Insee ; BEI ; étude danoise

Les effectifs montent, les débutants entrent moins
Chiffres clés : jeunes cadres -13 % en France depuis 2023 ; écart de 19 % chez les jeunes exposés ; juniors -7,7 % dans les entreprises qui adoptent l’IA
Nature des sources : Apec ; Stanford ; Harvard ; presse

La signature tient, les règles tardent, l’État internalise
Chiffres clés : audit +1,7 % à +6,0 % ; échéance européenne au 2 décembre 2027 ; État -65 % depuis 2021
Nature des sources : Comptes ; règlement européen ; annexe budgétaire

Les petites entreprises, angle mort des séries
Chiffres clés : environ 50 % de salariés de plus au Mexique ; 19 % contre 53 % pour la connaissance des prix
Nature des sources : Essais contrôlés ; Apec

M. Tableau de bord

Revenus des grands cabinets
Dernière valeur : Deloitte +3,8 % (exercice clos en mai 2026) ; Accenture +5 % (août 2026)
Prochaine publication : EY vers la mi-octobre, PwC fin octobre, KPMG en décembre 2026, selon le calendrier des années précédentes

Emploi du conseil en management aux États-Unis
Dernière valeur : 1 570 000 salariés (août 2026, provisoire)
Prochaine publication : Chaque mois

Marché français du conseil
Dernière valeur : -2 % (2025)
Prochaine publication : Étude annuelle de Syntec Conseil (la dernière en juin 2026)

Durée des tâches tenues par les agents, à 50 % et à 80 %
Dernière valeur : 17 h 25, au-delà des 16 h jugées fiables, et 3 h 06 (avril 2026)
Prochaine publication : Au fil des nouveaux modèles

Entreprises de l’Union qui utilisent l’IA
Dernière valeur : 19,95 % (2025)
Prochaine publication : Eurostat, décembre 2026

Écart d’emploi des 22 à 25 ans exposés à l’IA
Dernière valeur : 19 % (données à juin 2026)
Prochaine publication : Prochaine révision de l’étude

Recrutements de jeunes cadres en France
Dernière valeur : 136 500 (2025)
Prochaine publication : Prévisions annuelles de l’Apec (les dernières en avril 2026)

Engagements de conseil de l’État
Dernière valeur : 96,1 millions d’euros (2024)
Prochaine publication : Annexe au projet de loi de finances pour 2027

Professionnels par associé chez Deloitte
Dernière valeur : 19,5 (2025)
Prochaine publication : Rapport mondial de l’exercice 2026

Journée moyenne chez Wavestone
Dernière valeur : 926 € (avril à juin 2026)
Prochaine publication : Chaque trimestre
Un histogramme sans chiffres, dont les colonnes de métal s’évaporent vers le haut
Méthode. Audit réalisé par l’auteur avec des agents d’intelligence artificielle (Claude, d’Anthropic), qui ont recherché les sources et en ont lu le texte intégral. Chaque chiffre a été rapproché de sa source primaire avant d’entrer dans le texte ; les chiffres tirés de la presse sont signalés comme tels. Les croissances sont données en monnaie locale quand l’entreprise la publie, et chaque exercice est daté à sa clôture. Les citations en anglais sont traduites par l’auteur. Données arrêtées au 3 octobre 2026.

L’auteur. L’auteur dirige un cabinet de conseil en restauration qui travaille avec des agents d’intelligence artificielle.

Références

[1] Sénat, rapport n° 578 (2021-2022), « Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques », 16 mars 2022, p. 89, https://www.senat.fr/rap/r21-578-1/r21-578-11.pdf
[2] Deloitte, Global Impact Report 2025, indicateurs de performance des exercices 2023 à 2025 (effectifs par catégorie), https://www.deloitte.com/content/dam/assets-shared/docs/about/gir/global-performance-metrics-reporting.pdf
[3] Cour des comptes, « Le recours par l’État aux prestations intellectuelles de cabinets de conseil », juillet 2023, p. 51 et 112, https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20230710-Recours-par-Etat-aux-prestations-intellectuelles-cabinets-conseil_0.pdf
[4] Syntec Conseil, étude d’activité 2025-2026, publiée le 11 juin 2026, https://syntec-conseil.fr/expertises/etudes-d-activite/ ; pour la taille de la filière, La Lettre du conseil, 11 juin 2026, https://www.lalettreduconseil.com/article/avec-15-2025-est-6e-plus-mauvaise-annee-depuis-2002-sur-le-marche-du-conseil-en-strategie-et-management/
[5] U.S. Bureau of Labor Statistics, Current Employment Statistics, série CES6054161001 (Management consulting services, corrigée des variations saisonnières), données extraites le 2 octobre 2026, https://data.bls.gov/timeseries/CES6054161001
[6] Deloitte, « Deloitte reports FY2026 revenue », 24 septembre 2026, https://www.deloitte.com/global/en/about/press-room/global-revenue-announcement.html
[7] Accenture, résultats de l’exercice 2026, communiqué du 1er octobre 2026 déposé à la SEC, https://www.sec.gov/Archives/edgar/data/0001467373/000146737326000037/q4fy26earnings8-kexhibit.htm ; rapports annuels (formulaires 10-K) des exercices 2025 et 2023, https://www.sec.gov/Archives/edgar/data/1467373/000146737325000217/acn-20250831.htm et https://www.sec.gov/Archives/edgar/data/1467373/000146737323000324/acn-20230831.htm
[8] PwC, Global Annual Review 2025, « Financial performance », https://www.pwc.com/gx/en/about/global-annual-review/financial-performance.html
[9] EY, « EY announces global revenue of US$53.2b for fiscal year 2025 », 15 octobre 2025, https://www.ey.com/en_gl/newsroom/2025/10/ey-announces-global-revenue-of-us-53-2b-for-fiscal-year-2025
[10] KPMG International, « KPMG delivers 5.1% rise in global revenue », 16 décembre 2025, https://kpmg.com/xx/en/media/press-releases/2025/12/kpmg-delivers-rise-in-global-revenue.html
[11] Boston Consulting Group, « BCG Reports $14.4 Billion in Revenue, Marking 22nd Consecutive Year of Growth », 23 avril 2026, https://www.bcg.com/press/23april2026-bcg-revenue-22nd-consecutive-year-growth
[12] Wavestone, « 2026/27 : 1er trimestre en repli de -2 %, objectifs annuels ajustés », communiqué du 29 juillet 2026, https://www.actusnews.com/fr/wavestone/cp/2026/07/29/2026-27-1er-trimestre-en-repli-de-2-pour-cent-objectifs-annuels-ajustes-ai-builders-acquisition-ciblee-d_un-cabinet-francais-ia
[13] Deloitte UK, « Deloitte UK publishes 2026 financial results », 30 septembre 2026, https://www.deloitte.com/uk/en/about/press-room/deloitte-uk-publishes-2026-financial-results.html ; pour l’exercice 2025, Business Insider, 1er octobre 2025, https://finance.yahoo.com/news/deloittes-7-6-billion-uk-164459410.html
[14] BFM Bourse, 30 juillet 2026, https://www.tradingsat.com/wavestone-FR0013357621/actualites/wavestone-ses-clients-preferent-investir-dans-des-projets-lies-a-l-ia-au-detriment-de-ses-autres-activites-wavestone-s-effondre-de-pres-de-29-en-bourse-1167844.html
[15] Business Insider, « AI is reshaping how McKinsey makes money », 17 novembre 2025, https://finance.yahoo.com/news/ai-reshaping-mckinsey-makes-money-195132745.html
[16] Stanford Institute for Human-Centered AI, AI Index Report 2025, https://hai.stanford.edu/ai-index/2025-ai-index-report
[17] Microsoft, tarifs de Microsoft 365 Copilot pour les entreprises, consultés le 3 octobre 2026, https://www.microsoft.com/en-us/microsoft-365-copilot/pricing
[18] Société française des traducteurs, enquête sur les tarifs et revenus des traducteurs indépendants, avril 2026, p. 10 et 49 à 57, https://www.sft.fr/global/gene/link.php?doc_id=882&edit_lang=fr
[19] METR, « Task-Completion Time Horizons of Frontier AI Models », mis à jour le 8 mai 2026, et ses données brutes (Time Horizon 1.1), https://metr.org/time-horizons/
[20] Mert Demirer, Leon Musolff, Liyuan Yang, NBER, document de travail 35275, mai 2026, révisé en septembre 2026, https://www.nber.org/papers/w35275
[21] Boston Consulting Group, « How People Can Create, and Destroy, Value with Generative AI », 21 septembre 2023, https://www.bcg.com/publications/2023/how-people-create-and-destroy-value-with-gen-ai ; Fabrizio Dell’Acqua et al., « Navigating the Jagged Technological Frontier », Harvard Business School, document de travail 24-013, 2023.
[22] Erik Brynjolfsson, Danielle Li, Lindsey Raymond, « Generative AI at Work », Quarterly Journal of Economics, 2025 (NBER, document de travail 31161), https://www.nber.org/papers/w31161
[23] METR, 10 juillet 2025, https://metr.org/blog/2025-07-10-early-2025-ai-experienced-os-dev-study/ ; mise à jour du 24 février 2026, https://metr.org/blog/2026-02-24-uplift-update/
[24] Tow Center for Digital Journalism, Columbia Journalism Review, 6 mars 2025, https://www.cjr.org/tow_center/we-compared-eight-ai-search-engines-theyre-all-bad-at-citing-news.php
[25] The Register, « Deloitte refunds Australian government over AI in report », 6 octobre 2025, https://www.theregister.com/2025/10/06/deloitte_ai_report_australia/ ; HCA Magazine, 14 novembre 2025, https://www.hcamag.com/au/specialisation/hr-technology/deloittes-ai-mess-just-got-worse-and-hr-should-be-paying-close-attention/556535 ; Australian Greens, communiqué du 9 octobre 2025, https://greens.org.au/news/media-release/greens-slam-deloittes-unethical-behaviour-and-measly-refund-over-ai-report ; Department of Employment and Workplace Relations, https://www.dewr.gov.au/assuring-integrity-targeted-compliance-framework/resources/targeted-compliance-framework-assurance-review-final-report
[26] METR, « Impact of modelling assumptions on time horizon results », 20 mars 2026, https://metr.org/notes/2026-03-20-impact-of-modelling-assumptions-on-time-horizon-results/
[27] Eurostat, « Use of artificial intelligence in enterprises », données 2025 extraites en décembre 2025, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Use_of_artificial_intelligence_in_enterprises
[28] Insee, « Les technologies de l’information et de la communication dans les entreprises en 2025 », Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026, https://www.insee.fr/fr/statistiques/9025878
[29] Banque européenne d’investissement, enquête sur l’investissement 2025 (plus de 12 000 entreprises de l’Union et plus de 800 américaines), communiqué du 14 octobre 2025, https://www.eib.org/en/press/all/2025-383-european-firms-show-resilience-invest-in-green-transition-and-match-us-companies-in-adopting-ai-technologies-new-eib-survey-shows
[30] Anders Humlum, Emilie Vestergaard, « Still Waters, Rapid Currents: Early Labor Market Transformation under Generative AI », 13 mars 2026 (diffusé auparavant sous le titre « Large Language Models, Small Labor Market Effects », NBER, document de travail 33777), https://www.andershumlum.com/s/chatbots_260313.pdf
[31] Conférence des grandes écoles, enquête insertion, juin 2026, https://www.cdr-copdl.fr/doc_num.php?explnum_id=35438
[32] Anthropic, annonce de l’alliance avec Deloitte, 6 octobre 2025, https://www.anthropic.com/news/deloitte-anthropic-partnership
[33] Fortune, « McKinsey’s CEO breaks down how AI is reshaping its workforce », 7 janvier 2026, https://finance.yahoo.com/news/mckinseys-ceo-breaks-down-ai-100301404.html
[34] Accenture, communiqué du 9 décembre 2025, https://newsroom.accenture.com/news/2025/accenture-and-anthropic-launch-multi-year-partnership-to-drive-enterprise-ai-innovation-and-value-across-industries
[35] CPA Practice Advisor, « PwC Reports Global Revenue of $56.9 Billion in 2025 », 28 octobre 2025, d’après le Financial Times, https://www.cpapracticeadvisor.com/2025/10/28/pwc-reports-global-revenue-of-56-9-billion-in-2025/171838/
[36] Apec, « Prévisions de recrutements de cadres 2026 », avril 2026, p. 3 et 10, https://corporate.apec.fr/home/nos-etudes/toutes-nos-etudes/previsions-de-recrutements-de-cadres-2026.html
[37] Institute of Student Employers, « 5 trends you need to know from ISE’s Recruitment Survey 2025 », 22 octobre 2025, https://ise.org.uk/knowledge/insights/498/5_trends_you_need_to_know_from_ises_recruitment_survey_2025/
[38] Institute of Student Employers, « Entry-level work reshaped not replaced », 7 mai 2026, https://ise.org.uk/knowledge/insights/562/entrylevel_work_reshaped_not_replaced/
[39] Federal Reserve Bank of New York, « The Labor Market for Recent College Graduates », deuxième trimestre 2026, https://www.newyorkfed.org/research/college-labor-market
[40] Erik Brynjolfsson, Bharat Chandar, Ruyu Chen, « Canaries in the Coal Mine? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence », Stanford Digital Economy Lab, révision du 12 août 2026, https://digitaleconomy.stanford.edu/publications/canaries-in-the-coal-mine/
[41] Erik Brynjolfsson, Bharat Chandar, Ruyu Chen, « Canaries, Interest Rates, and Timing », Stanford Digital Economy Lab, 9 février 2026, https://digitaleconomy.stanford.edu/news/canaries-interest-rates-and-timinga-more-on-recent-drivers-of-employment-changes-for-young-workers/
[42] Seyed M. Hosseini, Guy Lichtinger, « Generative AI as Seniority-Biased Technological Change: Evidence from U.S. Résumé and Job Posting Data », SSRN 5425555, 2025, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=5425555
[43] The Budget Lab at Yale, « Tracking the Impact of AI on the Labor Market », 16 juillet 2026, mis à jour le 15 septembre 2026, https://budgetlab.yale.edu/research/tracking-impact-ai-labor-market
[44] City AM, « Big Four slash graduate jobs as AI takes on entry level work », 23 juin 2025, https://www.cityam.com/big-four-slash-graduate-jobs-as-ai-takes-on-entry-level-work/
[45] Business Insider, 8 septembre 2025, https://finance.yahoo.com/news/pwc-cutting-number-grads-hires-192755746.html ; Fortune, 8 septembre 2025, https://fortune.com/2025/09/08/pwc-uk-chief-cutting-entry-level-junior-gen-z-jobs-ai-economic-headwinds-like-amazon-salesforce
[46] Entrepreneur, d’après Business Insider, 21 août 2025, https://www.entrepreneur.com/business-news/pwc-reducing-entry-level-hiring-changing-processes/496198
[47] Business Standard, d’après Business Insider, 9 septembre 2025, https://www.business-standard.com/companies/news/mckinsey-hire-12-percent-junior-employees-jobs-2026-ai-eric-kutcher-125090900804_1.html
[48] Enrique Ide, « Automation, AI, and the Intergenerational Transmission of Knowledge », arXiv 2507.16078, version du 8 juin 2026, https://arxiv.org/abs/2507.16078
[49] Department for Science, Innovation and Technology, « Assuring a responsible future for AI », 6 novembre 2024, https://www.gov.uk/government/publications/assuring-a-responsible-future-for-ai/assuring-a-responsible-future-for-ai
[50] Commission européenne, cadre réglementaire de l’IA et calendrier d’application, https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai ; règlement européen sur l’IA, annexe III, point 5 a), https://artificialintelligenceact.eu/annex/3/
[51] Règlement européen sur l’IA, article 43, https://artificialintelligenceact.eu/article/43/
[52] Projet de loi de finances pour 2026, annexe « Recours aux conseils extérieurs », p. 13, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/dyn/contenu/visualisation/1090037/file/27-Jaune2026_Recours_Conseils.pdf
[53] Réponse ministérielle à la question écrite n° 06567, Journal officiel du Sénat, 1er octobre 2026, p. 4749, https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ251106567.html
[54] National Audit Office, « Lessons learned: the government’s use of external consultants », 21 novembre 2025, https://www.nao.org.uk/wp-content/uploads/2025/11/governments-use-of-external-consultants.pdf
[55] Miriam Bruhn, Dean Karlan, Antoinette Schoar, « The Impact of Consulting Services on Small and Medium Enterprises: Evidence from a Randomized Trial in Mexico », Journal of Political Economy, 126(2), 2018 ; Banque mondiale, note de synthèse, 2018, https://documents.worldbank.org/curated/en/648521527675721245/pdf/BRI-IN-49-PUBLIC.pdf
[56] Nicholas Bloom, Benn Eifert, Aprajit Mahajan, David McKenzie, John Roberts, « Does Management Matter? Evidence from India », Quarterly Journal of Economics, 128(1), 2013, p. 1-51.
[57] Apec, « Le recours des PME aux cabinets privés de recrutement », décembre 2024, p. 1, 6 et 8, https://corporate.apec.fr/home/nos-etudes/toutes-nos-etudes/le-recours-des-pme-aux-cabinets-prives-de-recrutement-.html